Famille des Baetidae
Acentrella inexpectata (Tshernova, 1928)

Depuis quelques années, nous avions formulé l'hypothèse de l'existence d'une autre espèce du genre Acentrella, différente de l'espèce A. sinaica, pour ce qui concerne les populations du bassin de la Loire moyenne. Les travaux de l'inventaire, collectes et examens de nouveaux spécimens des deux sexes et des phases larvaire et adulte, élevage de larves, comparaison à des spécimens d'autres espèces européennes du genre, permettent maintenant de valider la présence d'A. inexpectata, nouvelle pour la France. Séparée des population d'Europe centrale mais relativement bien présente dans le bassin de la Loire moyenne et l'Allier, cette espèce est considérée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Acentrella sinaica Bogoescu, 1931

Les captures de larves, toutes tardives, corroborent une longue diapause automnale - hivernale et une rapide croissance printanière. Le nombre de larves capturées aux stations est souvent réduit. Cette espèce est liée aux cours d'eau à courant soutenu sur substrat granuleux, notamment les tronçons moyen et aval des grands torrents de montagnes et les rivières de piémont. Elle est considérée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

 

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Alainites albinatii (Sartori & Thomas, 1989)

Les collectes récentes sur plusieurs torrents de Corse, ne permettent pas encore de cerner véritablement la biologie de cette espèce. Elles demeurent cependant dans les limites connues d’amplitude altitudinale et de période d’émergence des adultes. Espèce endémique quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Alainites muticus (Linnaeus, 1758)

La distribution de cette espèce sur notre territoire, reste constituée de deux aires disjointes, l’une au Sud-Est d’une ligne Bayonne – Charleville-Mézières, l’autre en Bretagne et Normandie. Ces aires restent séparées par une zone centrale où l’espèce n’est pas rencontrée malgré une forte pression de collecte. Elle y colonise les mêmes milieux, préférentiellement les herbiers de spermaphytes (Renoncules et Potamots) situés dans les veines d’eau à la frontière des faciès lotique – lentique. On la trouve également dans le cours amont des torrents où l’exposition des plateaux d’altitude permet de modeler des milieux qui lui conviennent, ressemblant à ceux de la plaine malgré la pauvreté en spermaphytes. Nos collectes de larves concourent à confirmer un cycle bivoltin, avec une croissance larvaire automnale lente et une croissance printanière rapide engendrant la première génération. Espèce non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Larve d'Alainites muticus, dans un cours d'eau de Savoie.
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Baetis alpinus (Pictet, 1843)

B. alpinus est l’une des espèces les plus répandues dans les cours d’eau des massifs montagneux de notre pays, à l’exception des Ardennes et du Massif Armoricain au sens large (Bretagne, Basse-Normandie, Maine) où, malgré des recherches très nombreuses, notre programme n’a pu confirmer la seule citation de présence de l’espèce (Abgrall 1966). Très rhéophile, cette espèce peut coloniser tout cours d’eau présentant des veines d’eau bien marquées, dans une large amplitude altitudinale. La dérive des larves vers l’aval, en particulier au cours des crues printanières, occasionne sa collecte à basse altitude. Selon la température, le cycle vital varie d’un type semivoltin (Lavandier 1988) à un type polyvoltin. Dans les deux cas, l’espèce a une faible croissance larvaire automnale et hivernale, pour développer une croissance printanière rapide. Nous n’avons, pour le moment, pas capturé d’adultes en fin de printemps. L’espèce est encore répandue dans notre pays, mais mérite une attention particulière à l’échelon local. En effet, sa disparition de certains cours d’eau d’altitude, peut être révélatrice d’un milieu fragilisé par des impacts anthropiques (stations de sports d’hiver, bergeries, refuges montagnards), d’autant plus que ces milieux de conditions extrêmes, avec une biodiversité souvent réduite, sont sensibles. Elle reste non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Larve de Baetis alpinus de la haute vallée du Guil (Hautes-Alpes). Juillet 2012.
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Imago mâle de Baetis alpinus de la Maronne (Corrèze).

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Baetis buceratus Eaton, 1870

B. buceratus est davantage liée à des faciès plutôt lentiques, des grandes rivières aux fleuves, notamment du bassin de la Loire. On la rencontre parfois également dans de petits cours d’eau, mais dans les biotopes aux eaux peu agitées, à fonds souvent colmatés. Nos collectes vont dans le sens de l’hypothèse d’une espèce bivoltine, avec une reprise de croissance larvaire printanière. Des données complémentaires sont à collecter, notamment en accentuant les recherches dans une large aire orientale de notre pays, pour y confirmer des citations anciennes. Elle est non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis catharus Thomas, 1986

Cette espèce est typique du rhithral, colonisant de petits cours d’eau à caractère torrentueux, qu’elle partage souvent avec B. alpinus et dans une moindre mesure avec B. melanonyx.  Il semble qu’elle soit univoltine mais il convient de vérifier une éventuelle homologie avec B. alpinus qui pourrait permettre un cycle bivoltin aux altitudes les plus basses. La croissance larvaire est sans doute très lente en automne – hiver, avec une forte reprise printanière. Seulement connue des deux versants pyrénéens et des Cévennes, l’espèce n’est pas rare sur le sol national, mais mérite une attention particulière pour les mêmes raisons que celles évoquées pour B. alpinus, et pour son aire de répartition qui reste limitée. Elle est cependant non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis cyrneus Thomas & Gazagnes, 1984

De récentes collectes de Corse confirment les citations de cette espèce insulaire, également présente en Sardaigne. Elle y colonise des cours d’eau torrentueux. Nos données sont encore trop limitées pour statuer sur cette espèce, dont le caractère endémique réclame une vigilance quant à sa protection. Elle est considérée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis fuscatus (Linnaeus, 1761)

B. fuscatus est largement répandue dans notre pays, principalement dans les grandes rivières et les fleuves. Les larves y sont souvent capturées en grand nombre. L’espèce est considérée comme bivoltine à deux générations estivales, ce que nos données confirment. En revanche, nos collectes de larves montrent une diapause embryonnaire plus relative, et sans doute une partie de la population connaît-elle une éclosion plus précoce, y compris dès l’hiver. Cette plasticité adaptative participe de la même remarque que celle déjà signalée pour Serratella ignita sur les grandes rivières coupées par d’importants barrages hydroélectriques. L’espèce n’est actuellement pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Adulte mâle de Baetis fuscatus (Dordogne)
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Baetis gadeai Thomas, 1999

Cette espèce assez récemment intégrée à la faune de France (Thomas 1999) correspond à la forme décrite sous le nom de B. gemellus par Müller-Liebenau (1969) à partir de spécimens pyrénéens. Elle se montre relativement fréquente sur l’ensemble de la chaîne, colonisant une grande variété de cours d’eau. Elle s’accommode des ruisseaux s’écoulant sur les zones d’altitude ensoleillées, comme des torrents généralement plus froids des vallées pyrénéennes exposées au Nord. Les larves âgées étant capturées pratiquement toute l’année, quand les conditions d’enneigement le permettent, la période de vol est très large, de mars à novembre-décembre, sans doute de type bivoltin, tout au moins aux valeurs les plus basses de son amplitude altitudinale. L’espèce a tendance à remplacer progressivement B. rhodani à mesure que l’altitude augmente. Fréquente aux diverses stations, ses effectifs ne sont pas en danger, mais son caractère endémique force à une surveillance plus soutenue. Elle est considérée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis ingridae Thomas & Soldán, 1987

Nos collectes confirment la présence de cette espèce sur l’ensemble de la Corse, dans des cours d’eau présentant divers biotopes, depuis leur cours amont à caractère torrentueux, jusqu’à leur cours aval dans la plaine avant leur embouchure. Les captures d’imagos au début du printemps et de larves âgées en période estivale, peuvent suggérer un cycle bivoltin. Cette espèce n'est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Baetis liebenauae Keffermüller, 1974

Première des espèces nouvelles pour la France découvertes par l’inventaire (Brulin et al. 1997), B. liebenauae colonise les cours d’eau drainant principalement des terrains calcaires. En peu de temps, son aire de distribution s’est montrée de plus en plus étendue dans notre pays, bien que plus présente dans la moitié Nord. Son habitat préférentiel est constitué par les herbiers des veines d’eau secondaires. Les découvertes d’imagos et de larves laissent supposer une espèce bivoltine estivale et automnale, les larves étant trouvées en plus grand nombre à cette dernière époque, ce qui serait conforme aux observations effectuées en Pologne (Glazaczow 1994). L’absence de larves dans les collectes de la saison hivernale suggère une diapause embryonnaire et une rapide croissance larvaire printanière. Espèce assez polluo-résistante, B. liebenauae est non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis lutheri Müller-Liebenau, 1967

Cette espèce rhéophile colonise exclusivement les courants, les veines d’eau agitée des moyennes et grandes rivières, mais aussi des ruisseaux. Ce type de cours d’eau est plutôt lié aux pourtours des massifs montagneux, ce que montre la répartition française de B. lutheri. Curieusement, nous n’avons relevé aucune capture d’adultes de cette espèce, mais les collectes de larves suivent un cycle vital bivoltin à seconde génération automnale et à croissance larvaire hivernale lente. Bien que les effectifs aux stations soient généralement limités à quelques individus, cette espèce est encore relativement bien présente sur le territoire national et n'est pas menacée (LC dans,la liste rouge des éphémères de France 2018)..

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Baetis melanonyx (Pictet, 1843)

également rhéophile et liée aux massifs montagneux, B. melanonyx peuple les cours moyen et amont des torrents et des rivières à faciès torrentueux. En Suisse elle est trouvée sur des substrats de roches sédimentaires (Sartori & Landolt 1999), ce que nous confirmons d’après l’origine de nos collectes. Elle peut se trouver associée à B. alpinus lorsque la température n’est pas trop basse. L’espèce est considérée univoltine avec longue diapause embryonnaire permettant une rapide croissance larvaire dès l’éclosion printanière. Nos données s’accordent avec cette stratégie. Bien que l’espèce apparaisse plutôt localisée à certaines stations dans son aire de répartition, elle n'est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Baetis nicolae Thomas, 1983

Stricte endémique au versant pyrénéen français, B. nicolae colonise les cours amont et moyen des torrents. Elle s’y trouve parfois en compagnie de Rhithrogena strenua, confirmant ainsi son caractère rhéophile. Les larves matures sont capturées en juillet et août, laissant supposer une période de vol réduite à cette seule période estivale (Thomas & Gazagnes 1983), et un cycle univoltin. L’imago demeure inconnue et ce malgré des recherches soutenues sur la chaîne pyrénéenne. L’espèce y est sans doute devenue plus rare, d’autant plus que le caractère endémique et la fragmentation de l’aire d’occupation contribuent à la fragiliser davantage. Elle est considérée menacée (EN) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis nubecularis Eaton, 1898

Cette espèce colonise des cours d’eau à débit soutenu et à substrat diversifié se tenant principalement dans les veines d’eau entre les pierres et les coulées rapides sur les graviers et cailloux, parfois sur les débris végétaux grossiers qui s’y encastrent sous la poussée du courant. Nos collectes sont trop rares pour confirmer un cycle bivoltin (Sartori & Landolt 1999) et une croissance larvaire comparable à celle de B. alpinus. Actuellement connue de vingt-six stations dans le cadre de l’inventaire invfmr, cette espèce est notée menacée (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

 

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Baetis pasquetorum Righetti & Thomas, 2002

Cette espèce est également récente pour la faune de France (Righetti & Thomas 2002), colonisant les cours d’eau méditerranéens de basse altitude du Sud du massif alpin. L’écoulement s’y réalise de manière très heurtée, entre des blocs de pierres, des radiers, entrecoupés de vasques dont le débit peut s’amoindrir très sensiblement en été, l’eau circulant dans le substrat grossier. Ces conditions sont de nature à favoriser une espèce univoltine plutôt printanière. Nos recherches doivent se poursuivre pour délimiter l’aire de répartition de cette espèce qui semble très réduite. Elle est classée menacée (EN) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis pavidus Grandi, 1949

Cette espèce est principalement trouvée des grandes rivières à débit laminaire soutenu du Sud-Est de notre pays (de type Durance), dans lesquelles elle peut aussi coloniser les petits bras sur lit de galets et graviers entre la végétation pouvant s’implanter dans le lit majeur (Saules). Actuellement connue de dix stations, l’espèce est sans doute rare et doit faire l’objet de recherches complémentaires pour mieux appréhender son cycle vital. Son type de biotope, souvent fragilisé en milieu méditerranéen par les pompages, l’irrigation, l’érection de barrages, contribue à classer cette espèce comme vulnérable (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetis pentaphlebodes Ujhelyi, 1966

B. pentaphlebodes est trouvée dans des cours d’eau présentant des faciès très différents : grandes rivières de piémont en région méditerranéenne, colonisant souvent les bras séparés du lit principal par la végétation s’installant de manière plus ou moins durable selon le rythme des crues ; ou petits cours d’eau d’Alsace, aux rives davantage boisées. Le courant y est généralement soutenu, comme dans les canaux et rigoles dans lesquels nous avons aussi trouvé l’espèce. Nos données sont encore trop parcellaires pour cerner le cycle vital qui pourrait être bivoltin en regard de la longue période de présence des larves et de la capture printanière des adultes. L’aire de distribution très morcelée, le faible nombre de stations et d’individus y étant trouvés conduisent à considérer l’espèce comme menacée (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018..

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Baetis rhodani (Pictet, 1843)

B. rhodani est la plus commune des espèces d'éphémères de notre pays, colonisant pratiquement tous les milieux, à l’exception des eaux froides de haute altitude, par exemple d’origine nivale. On peut cependant la rencontrer dans les ruisseaux d’alpage des vallées hautes. L’espèce est considérée bivoltine avec deux générations bien  marquées, la première très printanière étant souvent constituée d’individus de plus grande taille que ceux de la génération estivale ou même automnale. Mais dans une vaste aire géographique comme la France, la plasticité de l’espèce doit induire de grandes variations dans le déroulement du cycle vital. Sartori & Landolt (1999) signalent l’univoltinisme au-dessus de 1200m en Suisse. Relativement polluo-résistante, on la trouve dans le dernier trio d’espèces d'éphémères pouvant résister à une surcharge organique. Elle n’est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Imago mâle de Baetis rhodani (Dordogne dans la traversée de la Corrèze)
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Baetis scambus Eaton, 1870

Bien présente dans notre pays, cette espèce peuple principalement des cours d’eau de plaine et de piémont, au débit assez soutenu. Dans les ruisseaux, elle se tient en faciès lentique, au niveau des herbiers de bordure. Elle peut cohabiter avec son espèce jumelle B. fuscatus et lorsque cette cohabitation devient régionale (par exemple sur le très grand nombre de cours d’eau de Bretagne), un nombre non négligeable d’individus devient difficilement identifiable à la phase larvaire, corroborant en cela les observations de Macan (1970). Nos données penchent pour un cycle bivoltin, avec une seconde génération estivale voire automnale, une longue diapause embryonnaire et une croissance larvaire printanière rapide à l’origine de la première génération. L’espèce n’est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Baetis tracheatus Keffermüller & Machel, 1967

Les informations biologiques au sujet de cette espèce nous restent inconnues pour ce qui concerne les populations trouvées en France sur les sites des premières captures (divers bras du Rhône et canaux entre Lyon -69- et les environs de Belley -01-).

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Baetis vardarensis Ikonomov, 1962

Si nos données permettent de lier cette espèce aux grands cours d'eau des régions méridionales, elles restent en revanche encore trop limitées pour donner des informations sur son cycle vital. Cependant, il semblerait qu’un cycle bivoltin soit développé dans notre pays, avec sans doute une génération estivale aux populations plus nombreuses qu’à la génération printanière. Des recherches sont à développer dans ce sens, et notamment par la capture d’adultes. Cette espèce n'est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Baetis vernus Curtis, 1834

Bien présente dans notre pays, B. vernus est capable de coloniser divers biotopes, du substrat rocheux aux supports végétal ou algal, notamment quand elle est la seule espèce d’éphémères à occuper le cours d’eau. Nos captures attestent un cycle bivoltin, avec une génération printanière précoce et une génération estivale parfois tardive et pouvant s’étendre en automne (possibilité de trivoltinisme ?). Si l’espèce est principalement de plaine, elle colonise également certains cours d’eau à caractère torrentueux, et de petits cours d’eau d’altitude, bien exposés sur les versants des vallées suspendues, notamment dans les Pyrénées. Polluo-résistante, elle supporte une surcharge organique et reste la dernière espèce d’éphémères à pouvoir se maintenir dans les cours d’eau ainsi pollués. Elle n’est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Imago mâle de Baetis vernus, des bords de la Dordogne ( Argentat, Corrèze, octobre 2010)

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Baetopus tenellus (Albarda, 1878)

Espèce principalement connue des bassins de la Garonne, du Rhône et de la Loire. Bien que nos données soient majoritairement de la Loire, notre inventaire permet maintenant de la localiser aussi dans le bassin de la Seine. Le cycle vital semble être univoltin sur une période estivale-automnale, avec une longue diapause embryonnaire hivernale et une rapide croissance larvaire printanière. Avec une aire d’occupation encore morcelée, des modifications non négligeables des biotopes sur de longs secteurs du cours de la Loire (fonctionnement des barrages amont, refroidissement des centrales nucléaires,…), l'espèce reste cependant non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Baetopus wartensis Keffermüller, 1960

Baetopus wartensis est une récente addition à la faune des éphémères de France (Chovet 2008), suite notamment à des séries d’élevages de larves de Baetidae ligériens. Uniquement connue du fleuve Loire et son affluent l'Allier, cette espèce a pu être confondue avec B. tenellus ce qui, à nouveau, impose l’examen des collections. Cela confirme aussi que la systématique des Baetidae est à consolider, et notamment pour les genres Procloeon et Centroptilum. Avec dix stations connues pour le moment, d’autant plus que ces nouvelles citations sont très occidentales et nettement séparées de l’aire de répartition européenne, l'espèce est notée menacée (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

 

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Centroptilum luteolum (Müller, 1776)

Largement répandue sur le territoire, C. luteolum est aussi une espèce bien présente dans un grand nombre de cours d’eau de types très différents. Elle y colonise préférentiellement les zones lentiques, constituées d’herbiers de spermaphytes aquatiques ou les tiges et feuilles immergées de la végétation rivulaire. L’espèce est bivoltine et la génération automnale est un peu plus nombreuse que la génération printanière. Il semble cependant que dans un nombre non négligeable de régions (Bretagne, Languedoc, Aquitaine, Provence, …), les larves naissent plus tôt que ce qu’il est communément admis et aient une croissance hivernale, réduisant ainsi la diapause embryonnaire. L’espèce n’est actuellement pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Larve de Centroptilum luteolum, de l'Aulne (Finistère) - août 2012.
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Cloeon dipterum (Linnaeus, 1761)

Très plastique dans son adaptation aux divers biotopes, C. dipterum est largement répandue dans notre pays, notamment par sa faculté d’occuper le large éventail des milieux stagnants (mares, ornières, bassins, fossés, étangs, lacs,…). Cette large valence écologique induit la possible existence d’un complexe d’espèces, ce qui nécessitera une large étude des collections et l’apport de divers outils (génétique, phylogénie,…). Il semble que le cycle bivoltin soit le plus répandu chez cette espèce en France, avec de plus larges effectifs chez les populations estivales et automnales. Il n’y a pas, semble-t-il, de génération hivernale. Cette espèce n’est actuellement pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Cloeon simile Eaton, 1870

Cette espèce semble plus localisée que la précédente, et capable de coloniser divers biotopes, plus particulièrement les lacs et étangs et le faciès lentique de plusieurs types de cours d’eau. Elle s’adapte aux lacs d’altitude, sur des plateaux généralement bien ensoleillés. Les collectes de larves tout au long de l’année et les captures d’adultes, un peu plus marquées au printemps et en automne, restent en conformité avec les recherches attestant d’un cycle bivoltin à croissance hivernale larvaire ralentie. Elle n’est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Imago mâle de Cloeon simile (lac du Cantal, été 2011).
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Labiobaetis atrebatinus (Eaton, 1870)

Un intérêt tout particulier peut être porté à cette espèce, en premier lieu pour la séparer de L. tricolor récemment découverte en France, notamment par des élevages. Elles étaient toutes deux confondues jusqu’à ces dernières années, le genre Labiobaetis étant jusqu’alors réputé monospécifique pour la faune de notre pays. Un examen complet des collections est à entreprendre pour mieux cerner la répartition de ces deux espèces et dépouiller à nouveau les citations. L’habitat actuel de la répartition de L. atrebatinus qui semblait cantonnée aux affluents du bassin de la Loire et aux petits fleuves côtiers bretons s'est largement étendu vers l'Est, à mesure de la prospection plus intense dans de nouvelles régions (Bourgogne, Picardie,...). Elle doit être moins potamophile que L. tricolor et coloniser préférentiellement les grandes rivières. Les collectes d’imagos, encore trop rares, ne permettent pas de qualifier le cycle vital de l’espèce, bien qu’il puisse être univoltin estival et automnal, avec une lente croissance larvaire hivernale. Cette espèce n'est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Labiobaetis tricolor (Tshernova, 1928)

Depuis quelques années, la part non négligeable de spécimens ligériens nommés L. atrebatinus et présentant un habitus larvaire plus contrasté, nous a incité à rechercher l’existence, dans notre pays, d’une autre espèce du genre, proche de L. atrebatinus et plus potamophile. Il s’agit de L. tricolor, identifiée grâce à un programme d’élevage (Chovet et al. 2007). Les premiers éléments indiquent une espèce avec une émergence estivale. Il est nécessaire de poursuivre nos recherches sur cette espèce, d’une part en précisant sa répartition par l’examen des collections de l’espèce précédemment étudiée, et sa biologie pour ce qui concerne les milieux colonisés sur la Loire. Connue de la Loire et le cours aval de ses principaux gros affluents, et nettement séparée de ses populations européennes, cette espèce est considérée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Nigrobaetis digitatus (Bengtsson, 1912)

Cette espèce n’est connue que de deux stations, du département de l’Aude, en amont de la confluence d’un petit affluent du Verdouble, près de Vingrau (Müller-Liebenau 1974), et des Gorges de Galamus à Cubières-sur-Cinoble (Coppa 1998). La première de ces deux communes, citée dans le texte original, est d’ailleurs située dans les Pyrénées-Orientales, la frontière séparant les deux départements étant très proche. Par ailleurs, la validité de N. digitatus a été longtemps discutée (Müller-Liebenau 1969). Pour notre part, certains sujets collectés pour l’inventaire pourraient appartenir à cette espèce, sur la base de la coloration des cerques, mais ce caractère est soumis à des variations au sein des populations de N. niger… Par ailleurs, la forme de la dernière branchie des larves ne permet pas de confirmer cette détermination. Il convient donc de lever ce problème de systématique, avant de statuer sur la rareté de cette espèce, notée DD (données insuffisantes) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Nigrobaetis niger (Linnaeus, 1761)

Notre programme d’inventaire signale plutôt cette espèce à l’Ouest d’une ligne Toulon-Le Havre, les anciennes citations de la moitié Est de la France étant plus longues à confirmer. L’espèce occupe des petits cours d’eau, à fonds de graviers pas ou peu colmatés, et plantés de renoncules. Les captures d’adultes, bien qu’en nombre encore réduit, semblent attester d’un cycle univoltin printanier et estival, ce qu’en revanche, suggère la capture régulière de larves à divers stades tout au long de l’année. L’aire d’occupation disjointe, malgré des recherches intensives, notamment dans la région Centre, incite à surveiller cette espèce qui reste cependant non menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Procloeon bifidum (Bengtsson, 1912)

P. bifidum est un élément du faciès lentique, ou des petits courants laminaires des grandes rivières. Les larves y colonisent les herbiers et les racines immergées de la végétation rivulaire. Nos collectes, tant de larves que d’imagos, sont conformes à l’hypothèse d’un cycle bivoltin avec deux périodes de vol plus marquées, début d’été et automne. Les larves naissent après une longue diapause hivernale et connaissent une croissance printanière rapide. L’espèce n’est actuellement pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Procloeon nana (Bogoescu, 1951)

La toute récente découverte de cette espèce est très intéressante, dans la mesure où cette recherche très ciblée a été déclenchée suite aux collectes d'autres espèces inféodées aux bancs de sable de la Loire. Elle s'ajoute donc à cette communauté très sensible, qui subsiste pour le moment uniquement dans la Loire moyenne et l'aval de son affluent, l'Allier. Actuellement connue de quelques stations, cette espèce mérite la même attention particulière que ses consœurs qui partagent des niches écologiques strictes. Elle est notée menacée (EN) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Procloeon pennulatum (Eaton, 1870)

C. pennulatum est plus discrète que P. bifidum de laquelle elle se différencie par une occupation de biotopes aux veines d’eau plus marquées. Nos collectes suggèrent un cycle bivoltin estival et automnal, avec une longue diapause embryonnaire hivernale et une rapide croissance larvaire printanière. Avec une aire d’occupation morcelée, l’espèce est à surveiller. D’autant plus que la systématique peut induire des interprétations différentes selon les auteurs pour ce qui concerne la séparation d’avec P. pulchrum et que des erreurs aient pu s’attacher aux citations. Elle reste cependant non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Procloeon pulchrum (Eaton, 1885)

Les données concernant cette espèce sont restées limitées jusqu’à ces dernières années, sans doute en raison de quelques confusions qui s’attachent encore à la  systématique du genre Procloeon. Certains caractères restent ténus pour séparer P. pulchrum de P. pennulatum (forme de l’aile postérieure notamment). Il est vraisemblable que la connaissance de sa répartition apparaisse imparfaite sur notre territoire. Il est encore prématuré de soutenir l’hypothèse d’un cycle bivoltin en France, les captures d’adultes laissant pour le moment suggérer une seule émergence estivale-automnale. Les collectes de larves, en revanche, sont conformes à une longue diapause embryonnaire hivernale et une rapide croissance larvaire printanière. Cette espèce, même encore imparfaitement connue, et sans doute potamobionte, est non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Pseudocentroptiloides shadini (Kazlauskas, 1964)

Ce Baetidae vient d'être récemment découvert dans la vaste communauté des éphémères du fleuve Loire et de son affluent l'Allier, plus particulièrement parmi les espèces liées aux bancs de sable (Chovet 2015). Connue d'un tout petit nombre de stations, cette espèce s'ajoute à celles qui possèdent encore une présence occidentale ligérienne nettement séparée de leurs populations d'Europe Centrale et Orientale. La protection de la Loire est donc une priorité majeure pour sauver ces îlots de population. Elle est notée menacée (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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