Famille des Caenidae
Brachycercus europaeus Kluge, 1991

Espèce récemment ajoutée à la faune de France (Lécureuil & Chovet 2003), et rencontrée dans la Loire et quelques-uns de ses affluents de généralement plusieurs dizaines de mètres de largeur. La récolte de jeunes larves en fin d’été laisse augurer une longue diapause hivernale du développement larvaire et une croissance printanière rapide pour une espèce également univoltine. Les recherches de ces dernières années ont permis d’augmenter très significativement le nombre des stations et d’en découvrir une du bassin de la Seine. Ces données ouvrent singulièrement l’aire de répartition vers l’Ouest. Elle est classée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Imago mâle de Brachycercus europaeus des bords de Loire (août 2015)

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Brachycercus harrisellus Curtis, 1834

Les captures sont plutôt concentrées dans le quart Nord-Ouest de notre territoire, le plus souvent lors de fouilles dans le substrat solide où l’espèce semble se tenir. Ce sont principalement de petites et moyennes rivières, subissant une légère charge organique, aux rives boisées (aulnes), à courant assez soutenu, avec des veines d’eau et une végétation aquatique bien présente. Elles appartiennent principalement au rhithral, ce qui s’écarte quelque peu des données de la littérature. Sa biologie est peu connue dans notre pays. L’espèce est univoltine. Les seules captures de larves printanières et estivales appuient l’hypothèse d’une longue diapause embryonnaire. Il serait possible également que les jeunes larves s’enfoncent plus profondément dans le substrat en dehors de ces périodes, échappant ainsi aux recherches. Très souvent capturée en un très petit nombre de spécimens dans une cinquantaine de stations connues en France, l'espèce n'est cependant pas menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Cercobrachys minutus (Tshernova, 1952)

Conjointement à Brachycercus europaeus, C. minutus a été aussi ajoutée à la faune des éphémères de France (Lécureuil & Chovet 2003), pour des spécimens capturés de la Loire et ses affluents. La récolte de jeunes larves en fin d’été permettrait de proposer l’hypothèse d’un long et lent développement automnal et hivernal, suivi d’une croissance printanière rapide des larves, pour un cycle univoltin. Cette espèce, de petite taille, a été également trouvée dans un affluent de la Seine, ce qui la rapproche un peu des populations d’Europe Centrale. Elle devrait être recherchée dans les bassins de la Meuse et du Rhin. Elle est classée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis beskidensis Sowa, 1973

Cette espèce est représentée de façon assez régulière dans nos collectes printanières et estivales, dans de petits cours d’eau : rivières à débit soutenu, torrents de piémont et de moyenne montagne. Nos collectes confirment la possibilité d’une longue diapause embryonnaire et d’une croissance rapide des larves au printemps. L’espèce ne semble pas en danger sur notre territoire, le nombre de stations où elle est connue, bien qu’encore limité, augmentant régulièrement. Elle est non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis horaria (Linnaeus, 1758)

C. horaria colonise principalement les faciès stagnants et les faciès lentiques des grandes rivières de plaines. Sa présence exceptionnelle dans les ruisseaux, provient probablement d’une dérive à partir de retenues situées en amont. Dans les mares, elle se tient même dans le film de la surface, particulièrement riche en microorganismes unicellulaires.  Les avis divergent au sujet du cycle vital de l’espèce, univoltin à bivoltin (in Sartori & Landolt 1999) et de la croissance des larves. Pour notre part, nous n’avons pas trouvé de larves en hiver. Il est également possible que les populations adoptent une plasticité adaptative en regard des conditions climatiques, puisque l’amplitude altitudinale est grande. L’espèce est assez bien implantée dans notre pays, notamment au Nord du 45è parallèle et principalement dans les régions Ouest. Elle n'est pas menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis lactea (Burmeister, 1839)

Depuis les travaux de l’inventaire, cette espèce a fait l’objet d’une recherche plus particulière, puisque les citations sur le sol français ne mentionnaient que deux régions : Bretagne (Malzacher 1986) et Champagne-Ardenne (Jacquemin & Coppa 1996), rendant malaisée la correspondance avec la couverture départementale de notre programme. Depuis quelques années, son apparition dans nos collectes se montre plus régulière, notamment en utilisant le piégeage lumineux, permettant de la citer de 41 stations (dont seules deux sont antérieures à 1999). En Bretagne, l’espèce est signalée dans un type d’étangs très répandu dans la région, qui sont des plans d’eau anciens et riches en végétaux aquatiques (Le Doaré et al. 2001), ce qui laisse supposer une répartition peut-être plus large que celle initialement constatée. Notons cependant sa présence sur une gravière d’origine anthropique plus récente. Son statut d’espèce en danger critique d’extinction, relevé par Masselot & Brulin (2000) est modifié, C. lactea étant considérée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis luctuosa (Burmeister, 1839)

Cette espèce est largement répandue dans notre pays, colonisant un grand nombre de cours d’eau mais toujours en faciès lentique quand elle occupe le rhithral (retenues, laisses du lit majeur,…). Nos captures d’imagos sont régulières de mai à septembre et ne permettent pas de statuer valablement sur le caractère bivoltin de l’espèce (Sartori & Landolt 1999), difficulté sans doute accrue par la diversité des milieux colonisés. En revanche, les captures de larves d’une même station révèlent une diversité dans la croissance des individus qui pourrait s’accorder avec cette phénologie. La croissance larvaire est lente, de l’automne au milieu de l’hiver, puis rapide au printemps et en été. Cette espèce n’est pas menacée dans l’ensemble des biotopes et est classée LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis macrura Stephens, 1836

Très souvent collectée avec l’espèce précédente, elle en diffère cependant par son caractère un peu plus rhéophile. Dans les plans d’eau, elle colonise les plages battues par les vaguelettes. C. macrura est considérée comme bivoltine, ce que nos collectes d’imagos un peu plus fréquentes au printemps (mai), tendent à confirmer. La croissance de la première génération est lente pendant la période hivernale pour devenir rapide au début du printemps. L’espèce est répandue sur une bonne part du territoire national et n'est pas menacée (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Caenis martae Belfiore, 1984

Cette espèce vient d’être découverte dans de récentes collectes effectuées en Corse (Doix et al. 2007). Cela confirme le bien fondé de son statut d’espèce potentielle pour la France signalé par Thomas & Masselot (1996). Proche de Caenis macrura, elle semble toutefois être plus rhéophile, colonisant le faciès lentique de petits cours d’eau à caractère torrentueux, notamment en compagnie d’Heptageniidae. Le dépouillement prochain d’autres collectes devrait permettre d’apporter des précisions sur l’habitat de cette espèce. Enfin, la systématique doit être approfondie pour confirmer son statut d’espèce à part entière ou seulement de forme de C. macrura (voir Malzacher 1986). Pour le moment, les larves examinées répondent aux caractères discriminants sommaires donnés par Belfiore (1984), mais cette situation nécessite un complément d’étude détaillé. C. martae est considérée bivoltine, tant en Sardaigne que sur le continent. Elle est considéréee non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis pseudorivulorum Keffermüller, 1960

La seule citation antérieure de la littérature (Jacquemin & Coppa 1996) qui signalait l’espèce du « Nord-Est » est confirmée et l’inventaire permet de préciser sa répartition. C. pseudorivulorum est essentiellement potamique. Nos captures de larves attestent d’une longue diapause embryonnaire hivernale et d’une rapide croissance printanière. La période d’émergence de la seconde génération se situe principalement en fin d’été et en automne, les dernières larves âgées capturées suggérant des émergences jusqu’en octobre. Cette espèce est considérée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis pusilla Navás, 1913

Cette espèce n’est pas très fréquente, même si la petite taille des imagos, comme l'espèce précédente, peut la faire passer inaperçue car confondue avec certains Diptères par un nombre non négligeable de collecteurs. Selon Malzacher (1986), elle est univoltine, avec une croissance lente des larves en hiver. Nos collectes témoignent d’une accélération de croissance printanière. Les émergences sont régulières au fil de l’été et ne permettent pas de mettre en évidence la possible existence d’une seconde génération estivale. Elle est considérée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis rivulorum Eaton, 1884

C. rivulorum est plus particulièrement liée au rhithral, tout comme C. beskidensis avec laquelle elle partage certains biotopes. Il est parfois malaisé de distinguer les deux espèces pour certaines populations. Nos collectes de larves confirment une forte croissance printanière. L’aire d’occupation est plutôt morcelée mais cette espèce est considérée.non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Caenis robusta Eaton, 1884

à l’instar d’autres espèces des milieux stagnants, les recherches ont été améliorées par l’utilisation du piégeage lumineux, surtout dans la moitié Nord du pays. C. robusta colonise préférentiellement les étangs, les marais, les gravières, y compris celles créées artificiellement pour l’exploitation de granulats ou de sable. Des larves ont été fréquemment trouvées sous les frondes de lentilles d’eau, et dans le film de la surface des mares, riche en microorganismes en période estivale. Il semble que les larves aient une croissance hivernale faible avec une forte reprise de croissance au printemps. Les captures régulières d’imagos pendant l’été ne permettent pas de mettre en évidence un cycle bivoltin. L’espèce est notée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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