Famille des Leptophlebiidae
Choroterpes picteti (Eaton, 1871)

Espèce globalement présente dans une très grande moitié Sud, et s’adaptant bien aux cours d’eau subissant une sensible élévation de la température estivale (eurytherme). Les larves n’ont été récoltées qu’en été, validant l’hypothèse d’un cycle univoltin à longue diapause hivernale et semi-printanière (Sartori & Landolt 1999). Les captures restent toujours limitées à quelques individus, les stations sont espacées. Jamais collectée en milieu lacustre jusqu’à présent, au contraire de la Suisse. Cette espèce devient exposée, les rivières de plaine et de piémont subissant les conséquences négatives de nouvelles activités anthropiques : extension d’agglomérations ou pratiques agricoles productivistes modernes qui dégradent considérablement ces milieux. Elle est donc à surveiller mais reste encore non menacée (notée LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Larve de Choroterpes picteti, de la Charente.
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Thraulus bellus Eaton, 1881

Espèce signalée en fort effectif dans le substrat alluvial profond (galets) du sous-écoulement de l’Adour (milieu hyporhéique) (Tabacchi 1987). Nous la retrouvons généralement dans des cours d’eau plutôt rapides dont elle fréquente les bords, au niveau des galets, graviers, assez souvent avec une légère prolifération algale estivale. Verrier (1948) signale sa capture sur des fonds de limons en compagnie de larves de Caenis sp et Cloeon sp. L’espèce est considérée univoltine, avec une diapause larvaire hivernale, la période d’émergence principale se situant en juin (Tabacchi et al. 1993). Les premières captures relativement rares, même si son écologie très particulière peut laisser supposer une sous-estimation de ses populations, avaient conduit à un classement initial "en danger" dans la première liste des éphémères à caractère patrimonial (Masselot & Brulin 2000). Cependant, l'augmentation du nombre de stations de présence, y compris dans les lacs et étangs, l'extension de son aire d'occupation, conduisent à la considérer non menacée (LC) dans la liste riouge des éphémères de France 2018.

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Larve de Thraulus bellus.
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Habroleptoides auberti (Biancheri, 1954)

D’apparition récente dans nos collectes, cette espèce est sans doute encore sous-estimée pour notre pays, bien que connue de 28 stations à ce jour. Sa capture se réalise actuellement à des altitudes plutôt basses et moyennes. Elle est citée jusqu’à 1800 m en Suisse (Sartori & Landolt 1999). La définition de son statut sur notre territoire nécessite des recherches complémentaires, notamment sur sa biologie et son écologie, son habitat réel étant sans doute peu prospecté. Elle est notée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habroleptoides berthelemyi (Thomas, 1968)

Cette espèce se montre relativement fréquente dans son biotope, qui reste localisé, à l’instar d’autres espèces de cette famille, aux débris végétaux en décomposition. Elle semble univoltine avec une croissance des larves printanière et estivale, la période de vol étant nettement décalée par rapport à H. confusa. Même si les populations sont largement distribuées sur le massif pyrénéen, le statut d’espèce endémique force à sa surveillance, et elle est notée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habroleptoides budtzi (Esben-Petersen, 1912)

Récemment retrouvée par invfmr dans onze petits torrents de Corse, les informations demeurent encore imprécises pour ce qui concerne cette espèce. Les larves récoltées au printemps sont à des stades intermédiaires de leur développement, laissant supposer des émergences estivales. Le dépouillement prochain de nouvelles collectes estivales devrait permettre de mieux statuer sur cette espèce dont l’endémicité impose de facto la surveillance. Elle est classée menacée (VU) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habroleptoides confusa Sartori & Jacob, 1986

Espèce largement représentée sur le territoire national, colonisant préférentiellement les ruisseaux et les rivières à courant soutenu, sur fond de graviers et galets, avec radiers et cascatelles, en milieu forestier à semi-forestier ce qui peut la faire considérer comme liée à la zone à truites (Le Doaré et al. 2001). Les émergences ont principalement lieu au printemps, un décalage estival s’observant, comme chez beaucoup d’autres espèces, vers des zones d’altitude plus élevée. La quasi-totalité des captures se situe au-dessous de 1200 m. Cette espèce n’est pas menacée sur notre territoire (LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018), où il est probable que la connaissance de son aire d’occupation puisse être précisée par des recherches spécifiques sur le terrain.

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Habroleptoides modesta (Hagen, 1864)

Le statut de cette espèce en regard de la systématique, a subi de multiples remaniements, et a été longtemps confondu avec celui d’H. confusa ce qui rend difficile le dépouillement des données de la littérature antérieures aux trois dernières décennies. H. modesta est également présente dans de récentes collectes invfmr de Corse, dans les mêmes biotopes qu’H. budtzi. Nos observations actuelles, par la capture d'adultes et de larves âgées, tendent à confirmer le décalage phénologique entre ces deux espèces (Sartori & Jacob 1986), H. modesta semblant plus printanière. Cette espèce reste à surveiller du fait de son caractère quasi endémique (classée menacée VU dans la liste rouge des éphémères de France 2018).

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Habroleptoides umbratilis (Eaton, 1884)

H. umbratilis est une découverte très récente des espèces nouvelles pour la France (Derrien et al. en préparation) issues des collectes de l’inventaire. L’espèce n’est connue pour le moment que de trois stations sur notre territoire, et des informations sont à recueillir sur sa distribution en France, et son écologie. D’autant plus qu’une extension d’aire pourrait lever les interrogations concernant la répartition européenne de cette espèce, avec une large présence italienne et quelques petites populations espagnoles, et en faire ainsi une espèce plus répandue sur l’Ouest méditerranéen. Elle est non évaluée (DD) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habrophlebia eldae Jacob & Sartori, 1984

Intégrée à la faune de France depuis les travaux de l’inventaire (Righetti et al. 1997), cette espèce colonise une vaste aire euro-méditerranéenne, y compris la Sardaigne, et la Corse où nous l’avons trouvée. Elle est typique des petits cours d’eau de ces régions, subissant des fluctuations importantes du débit, mais conservant une relative fraîcheur par le biais des sources qui les alimentent. L’eau peut circuler entre les éléments du substrat en période estivale. En France, il est probable que cette espèce soit plutôt limitée à la Provence et au Languedoc mais notre programme découvre régulièrement de nouvelles stations. Bien que les milieux fréquentés soient fragiles, les incendies forestiers de ces régions ajoutant une menace supplémentaire, elle reste non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habrophlebia fusca (Curtis, 1834)

Cette espèce se révèle discrète car sans doute localisée dans des microhabitats précis de biotopes assez diversifiés, puisqu’elle peut vivre dans divers milieux stagnants ou faiblement renouvelés (fossés, mares de gabion de chasse, étiers du bord de mer,…). Les  larves ne sont pas trouvées en automne, ce qui laisserait supposer une croissance larvaire faible pendant cette période et une reprise en fin d’hiver pour un cycle univoltin. Elle est classée non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Habrophlebia lauta Eaton, 1884

Espèce relativement fréquente sur le territoire où des collectes devraient encore sensiblement améliorer la connaissance de son aire d’occupation, notamment dans le quart Nord-Est. Elle colonise des cours d’eau assez lents, ou des faciès lentiques dans des cours d’eau plus rapides, présentant des accumulations de débris organiques (brindilles, feuilles en décomposition,…). Nos collectes de larves semblent confirmer une croissance larvaire très atténuée en fin d’automne et début d’hiver. Cette espèce n’est actuellement pas menacée et classée LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Leptophlebia marginata (Linné, 1767)

La prospection minutieuse des mares (notamment celles aux eaux claires avec une végétation aquatique), et des laisses plus ou moins temporaires du lit majeur des cours d’eau, a considérablement accru le nombre de captures de cette espèce. Les collectes de larves sont en accord avec la phénologie connue. Les zones humides qui constituent une partie de son biotope sont fragilisées (drainage, remblaiement, …) mais cette espèce reste non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Leptophlebia vespertina (Linnaeus, 1758)

Cette espèce est plus rare que la précédente, sans doute à la limite de son aire de répartition vers le Sud. Les émergences sont un peu plus tardives que chez L. marginata. Les larves présentent une croissance notable en hiver. Elle est classée quasi menacée (NT) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Paraleptophlebia cincta (Retzius, 1783)

Cette espèce de plaine, aux émergences printanières et estivales, doit être considérée comme relativement rare dans notre pays. Son aire d’occupation est assez morcelée mais cette espèce reste non menacée (LC) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Paraleptophlebia submarginata (Stephens, 1836)

Cette espèce devient l’une des plus collectées dans notre pays, bien présente dans son biotope, préférentiellement les dépôts organiques (feuilles en décomposition, retournes en milieu lentique avec accumulation de brindilles, chevelu racinaire de la végétation rivulaire). Nos collectes restent en accord avec une croissance lente et continue des larves au fil des saisons, leur taille n’autorisant pas leur capture en été. Cette espèce n’est pour le moment pas menacée et notée LC dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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Imago mâle de Paraleptophlebia submarginata à la confluence de la Maronne, dans le département de la Corrèze
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Paraleptophlebia werneri Ulmer, 1920

L’espèce n’est connue que de deux stations de notre programme d'inventaire, et dont les caractéristiques écologiques sont proches de celles mentionnées pour l’Angleterre (Kimmins 1972, Macan 1970). Il s’agit de petits ruisseaux à caractère temporaire l'un dans une étroite prairie de fauche d’un vallon forestier, l'autre nettement plus forestier. Des larves ont également été trouvées dans une source artificiellement creusée comme abreuvoir. Coppa (1998) cite la présence de larves dans une petite rivière de plaine aux eaux fraîches, sur substrat calcaire. La rareté des captures ne permet pas, pour le moment, de définir le cycle vital. Les émergences semblent être plutôt estivales. Avec une aire d’occupation morcelée, et connue seulement de trois  stations, cette espèce est menacée (catégorie en danger EN) dans la liste rouge des éphémères de France 2018.

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