Partenariat avec le Fonds Rivères Sauvages
Conservation des rivières sauvages: des acteurs

Le Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages, créé en 2010, a pour objectif de protéger les derniers cours d'eau naturels en France et en Europe. Ces magnifiques rivières sont souvent menacées et nous ne disposons pas d’outils adaptés à leur protection. La mission du Fonds est d’aider les gestionnaires à sauvegarder ces joyaux en dépassant les objectifs réglementaires imposés par la Directive Cadre sur l’Eau.
Pour lancer son label « rivières sauvages », le Fonds s’appuie sur plusieurs cours d'eau pilotes tels que la Valserine (Franche-Comté), le Chéran (Savoie), la Vis (Cévennes), le Léguer (Bretagne), le Fangu, le Travu (Corse) et l’Artoise (Ardenne).

L'Opie est depuis toujours sensibilisé à la protection des milieux de vie des insectes, et s'est naturellement engagé comme partenaire de ce projet, en apportant son expérience,  notamment forgée par le pilotage des inventaires nationaux (Éphémères, Plécoptères, Trichoptères) menés depuis une quinzaine d'années par notre groupe de travail Opie-benthos, et son réseau associatif (322 participants à ce jour) constitué pour mener ces programmes. À cela s'ajoute le réseau des spécialistes, nationaux et européens, régulièrement consultés pour la détermination des espèces des divers ordres d'insectes aquatiques concernés. Ainsi, les données recueillies sur la présence d'espèces de ces insectes sur les cours d'eau pilotes seront-elles un outil fondamental pour le suivi de la qualité de ces rivières. 


 Lancement du Réseau Sites Rivières Sauvages de France (PDF 412Ko)
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Un projet commun

L’enjeu majeur de ce programme est de pouvoir inventorier les communautés d’insectes aquatiques indicateurs (principalement les éphémères, plécoptères, trichoptères, coléoptères et odonates) de ces écosystèmes encore peu pollués, et ce dans des secteurs aux caractéristiques variées (géologie, topographie, climat...) sur tout le territoire national métropolitain. Le développement de l'effort de prospection sur les tronçons de rivières retenus pour servir ce projet permet non seulement de mieux connaître les communautés d'insectes aquatiques, mais aussi et surtout de constituer un état initial de référence, élément fondamental à l’heure où le risque de voir disparaître tout peuplement non perturbé demeure latent, notamment sous l’effet de l’expansion humaine et du réchauffement climatique.
La surveillance régulière de l'état de ces communautés d'insectes, dont beaucoup sont considérés indicateurs de la qualité des milieux aquatiques, offre un outil aux gestionnaires pour développer des recherches complémentaires dans diverses disciplines (hydrobiologie, hydrologie,...) et  envisager toute action de restauration du cours d'eau dès qu'une alerte biologique est donnée par la disparition d'espèces sensibles.

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Des contacts

L'Opie-benthos est partenaire du Fonds pour la conservation des rivières sauvages (FCRS) pour les aspects écologiques de ce programme et dans un premier temps les inventaires des groupes d'insectes aquatiques retenus, la détermination à l'espèce étant prioritaire. Vous pouvez contacter notre délégué pour tout ce qui concerne cette opération: adrien.auzeil@opie-benthos.fr

Pour tout ce qui concerne la finalité du projet, le label "Rivières sauvages", le choix des cours d'eau, les partenaires, visiter http://www.rivieres-sauvages.fr/

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Un protocole

Le protocole appliqué ici est globalement le même que celui des inventaires menés par le groupe Opie-benthos. En réalité, on pourrait parler de plusieurs protocoles, puisque la collecte d'insectes aussi variés que les adultes de Coléoptères, de Trichoptères, ou les larves d'éphémères, demande de maîtriser plusieurs techniques. Bien entendu, chaque participant pourra aussi conserver sa spécialité et ne rechercher que des représentants du groupe qui l'intéresse.
Il est aussi indispensable de s'assurer au préalable que l'on peut pénétrer dans un espace naturel pour y prélever des insectes aquatiques. Même si l'autorisation est très souvent donnée pour ce motif scientifique, il est cependant nécessaire de faire la demande auprès du propriétaire d'un lieu privé.

Les collectes porteront essentiellement sur :

  • larves et adultes d'Éphémères
  • larves et adultes de Plécoptères
  • adultes et larves de Trichoptères (la détermination des larves au niveau de l'espèce est hasardeuse dans un nombre conséquent de cas)
  • adultes de Coléoptères aquatiques
  • larves, exuvies et adultes d'Odonates (attention ! cas particuliers)

Ce protocole s'articule autour de trois démarches:

  • collectes des échantillons
  • conditionnement des échantillons recueillis et conservés
  • transmission des collectes

1. Collecte des échantillons. 

  •  dans le cas de larves. La méthode consiste à prospecter l'ensemble des micro-milieux repérés sur un site choisi -une station- (par exemple les graviers d'un filet d'eau entre deux herbiers, un dépôt de brindilles ou de feuilles mortes, un banc de sable, les racines de la végétation rivulaire, une anse de la rivière au courant lent, un écoulement laminaire sur une paroi rocheuse,...) et de prélever les insectes à l'aide d'outils permettant de conserver les caractères utiles à la détermination des espèces (discriminants): branchies, pattes, cerques, antennes,... certains animaux, comme les éphémères, étant très fragiles. On utilisera donc: une passoire à tamis fin du type passoire à riz, des pinces entomologiques pour cueillir les larves fixées au substrat, un filet troubleau,... dans ce cas il peut être très utile de verser le contenu du filet dans un bac à fond clair, avec un peu d'eau, qui permettra de mieux voir les larves et ainsi les capturer
  • dans le cas d'adultes de Coléoptères. Même technique, ces insectes étant aquatiques durant au moins une partie de leur cycle vital.
  • dans le cas d'adultes. On utilisera le filet à papillons, le filet fauchoir qui permet de rechercher les insectes posés dans la végétation des rives du cours d'eau ou du plan d'eau (très souvent des Plécoptères et des Trichoptères) en portant une attention particulière aux épines des plantes, ou encore le piégeage lumineux qui permet d'attirer les insectes sur des supports fins placés devant des lampes émettant des radiations de diverses longueurs d'onde.
  • dans le cas d'adultes de Trichoptères. S'il est plus facile de collecter les adultes d'espèces qui volent plus ou moins rapidement, parfois en essaims, à la surface de l'eau, il est plus difficile de récolter les espèces dont les adultes se faufilent dans les interstices des galets de la rive, ou la végétation terrestre. Pour les petites espèces, il est possible de toucher l'animal avec un pinceau humide ce qui limite ses déplacements rapides et permet sa capture. L'utilisation de la palette d'outils à la disposition de l'entomologiste (filets, pièges lumineux,...) est souvent primordiale pour collecter les diverses espèces d'un site.
  • dans le cas des adultes de Plécoptères. Les adultes de cet ordre sont généralement de mauvais voiliers et il est utile de prospecter à l'aide de filets ou de pinces entomologiques, tous les supports végétaux, les piles de ponts, les murets de pierres non loin du cours d'eau.
  • dans le cas des subimagos d'Éphémères. Rares sont les espèces déterminables à partir des subimagos. Le plus simple est de conserver ce stade ailé, dans un pilulier placé dans un endroit frais et plutôt sombre, et fermé par un petit morceau de gaze sur lequel l'animal s'accrochera pour effectuer sa mue imaginale.
  • dans le cas particulier des Odonates. Il est essentiel au préalable de s'enquérir de l'existence des listes rouges avant de rechercher ces animaux. La collecte d'exuvies, ce qui n'impacte pas la population, est recommandée. Pour les adultes, seuls les spécialistes aguerris à cette discipline peuvent les déterminer à partir de leur observation sans capture, mais le plus souvent il est nécessaire d'immobiliser l'animal puis de le relâcher.

2. Conditionnement des échantillons

Il reste incontournable pour le moment de sacrifier les animaux (sauf cas des Odonates déjà évoqué) , la détermination des espèces se réalisant le plus souvent à partir de l'observation fine de caractères qui demande des dissections et préparations microscopiques. Les larves seront donc placées dans des piluliers avec de l'alcool à 90 % et les adultes dans de l'alcool à 70 %. Il est recommandé de ne pas placer un grand nombre d'animaux dans un petit pilulier ce qui diminue la concentration de l'alcool.et endommage les animaux. Il est recommandé de séparer les divers ordres et aussi les phases ailée ou larvaire, pour éviter la dégradation par des chocs lors des transports des tubes (les fourreaux des Trichoptères sont redoutables).

Les tubes peuvent être de plusieurs modèles, le principal étant qu'ils ferment de manière parfaite. On veillera à éliminer le plus possible la petite bulle d'air qui persiste au sommet du tube, sous le bouchon. Un petit coton à cet endroit annule ce désagrément.

Enfin, il est incontournable de placer dans le tube une étiquette sur laquelle on inscrira au crayon à papier (si possible 2B): la date de collecte, la commune et le lieudit de la station (pont CD315, aval du château, amont immédiat de la confluence avec... ) et le nom du collecteur.

3. Transmission des collectes

Les tubes, bien fermés (un adhésif peut  être utilement enroulé au niveau de la liaison bouchon-tube) seront placés dans un colis, accompagnés d'une fiche téléchargeable ou manuscrite qui reprendra les mêmes indications des tubes: date, nom de la commune, ... auxquelles on pourra joindre les coordonnées géographiques de la station prospectée, ou une photocopie de carte IGN sur laquelle on placera des repères pour signaler les lieux de manière précise.

L'ensemble de ces éléments, tubes et fiches, est à faire parvenir à:

Adrien AUZEIL
SAGE Environnement
12, avenue du Pré de Challes
Parc des Glaisins
74940 ANNECY LE VIEUX

Lorsque les déterminations sont terminées, chaque participant reçoit un état de ses découvertes, qui seront également versées aux inventaires nationaux pilotés par l'Opie-benthos (Éphémères, Plécoptères, Trichoptères et bientôt Coléoptères aquatiques)

 

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